Du mardi 5 au jeudi 7 avril ATELIER D’ECRITURE WEB : DEAMBULATION LITTERAIRE DANS STRASBOURG AVEC Anne Savelli et Joachim Séné

Voici le site réalisé lors des trois jours de la déambulation :

Racontars 2016

merci à Anne Savelli et Joachim Séné

Merci aux participants : Nadège, Emilie, Guillaume, Juan, Alain, Elias, Franck.

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Raconter la ville avec Anne Savelli

Déambulation sonore dans la ville de Strasbourg et création d’un site internet, ou, par la littérature et la technique, s’emparer du lieu réel et de son avatar informatique.

.Anne Savelli et Joachim Séné font partie du collectif web et sonore L’aiR Nu (Littérature Radio Numérique). Ils sont auteurs papier et numérique, présents sur le web sous diverses formes (Twitter, sites, revues…). Du 5 au 7 avril, ils vous proposent de participer à une déambulation sonore dans la Ville de Strasbourg afin de créer avec eux, un objet radio web.

Selon la méthode suivante :

Mettre du son en ligne en suivant des voix, un ou des parcours dans la ville, trajets que seront amenés à suivre les auteurs pour leur travail d’écriture avec le groupe qui les accompagnera. Rendre l’auteur présent par sa voix, ou ses textes lus par d’autres voix, dans les différents lieux qui accueilleront ses textes… Il s’agit de rendre compte de ce chemin par des lectures, des sons bruts, des voix mis en forme en atelier d’écriture où il s’agira d’inscrire la littérature dans un lieu, par la voix, l’écriture et la lecture.Une restitution publique clôturera la résidence. Un site internet – interface de lecture et de voyage – conservera la mémoire de ce parcours géographique et/ou rêvé initié lors des trois jours de la déambulation.

Quinze places sont disponibles en vous inscrivant en ligne.

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Du mardi 5 au jeudi 7 avril 2016 – le mardi de 14h30 à 17h, le mercredi et le jeudi de 10h à 17h.

Lieu : Salle de formation L@ppli (4ème étage) – Médiathèque André Malraux

Inscription obligatoire (15 places) en cliquant sur ce lien. 

Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances informatiques mais l’envie de déambuler et ensuite de raconter avec les auteurs.

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En savoir plus sur L’aiR Nu et les deux auteurs :

L’aiR Nu, qu’est-ce que c’est ?  http://lairnu.net

L’aiR Nu a pour projet de créer des modules web sonores et navigables autour de la littérature contemporaine.

Nous entendons par « autour » une exploration englobant toutes les facettes de l’écriture, de sa source à sa diffusion.  Sur un site internet dédié, organisé en rubriques thématiques, les modules sonores sont mis en ligne en association avec des images, animées ou non, et dans le principe général d’une mise en page sobre et simple, pour concentrer l’écoute sur la page sans recouvrir l’attention à porter au son. Le visiteur peut se laisser guider ou suivre ses propres impulsions en revenant à la page d’accueil.

La réalisation des modules s’opère autour de deux grands axes : une partie documentaire et une partie de création pure. La première donnera à entendre, à terme, les réalités et les activités liées au livre. La deuxième présente d’ores et déjà des créations sonores inédites, textes, ambiances, inspirations. Il s’agit là de notre ligne éditoriale, les rubriques thématiques mixant le plus souvent les deux axes.

Avec L’aiR Nu, nous voudrions rendre l’écriture présente, vivante, actuelle, par la voix des auteurs, des lecteurs, des libraires et par la voie des lieux concernés, lieux de création, lieux de partage. Par le son aborder l’espace littéraire dans toutes ses dimensions. »

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Joachim Séné se présente ainsi sur son site principal (extraits) :

Joachim Séné Photo par Camille Philibert-Rossignol

« Né à Amiens en 1975, Joachim Séné twitta un jour sa bio, qui se résumait à de mystérieuses dates (1999, 2000, 2004, 2008, 2010, 2013) toutes d’écriture. Forfait au championnat inter-départementaux de basket en 1994, Joachim Séné vit et écrit dans la banlieue parisienne. Traversant plusieurs fois par jour la Seine, Joachim Séné est généralement considéré comme le francilien qui aura fait franchir aux statistiques le cap des transports surchargés à l’aube du troisième millénaire. Plus souvent assis qu’escaladant les cimes impassibles, Joachim Séné lutte plus régulièrement contre la thrombose que contre le vertige…« 

Quelques pistes récentes sur son travail :

En 2011, création du site Pastiches avec Franck Garot.

En 2012, lancement du site Les carnets de correspondance, une « correspondance fictive avec les Carnets de notes de Pierre Bergounioux ». Aventure que rejoignent Cécile Portier et Michel Brosseau.

En 2013, codage de Dita Kepler avec Anne Savelli, puis adaptation pour la lecture en public (JS : improvisation écrite — texte, son, image — à l’écran, AS : lecture DK), codage des Déclinaisons du Général Instin (avec Anne Savelli, et une version papier-collé par Mathilde Roux qui fut exposée là, voir ici quelques résultats).

2014, création du site Relire.net, avec les idées et textes des autres mis en code.

2015, lancement de L’aiR Nu avec Pierre Cohen-Hadria, Mathilde Roux et Anne Savelli, avec du son, des voix et du web.

2016, les Nuits deviennent illisibles de jour, et sont disponibles à l’unité, manuscrites à la demande ; à propos de la démarche

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Pour lire ses livres de papier ou numérique, il suffit d’un clic sur le mot bibliographie. Et d’un autre, pour découvrir tous ses sites.

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Enfin, pour vous donner l’eau à la bouche, un florilège complétement subjectif, extrait de La crise (Publie.net, 2012) :

« La crise » entend peut-être te prouver que la liberté de naissance n’est pas souhaitable, qu’il vaut mieux naître prisonnier et gagner sa liberté que de gâcher ce qui t’a été donné par tes parents et ancêtres.

« La crise » entend peut-être te prouver que le goût de la liberté est plus écœurant qu’une sauce de cheeseburger.

« La crise » fait la manche dans la rue.

« La crise » fait les poches dans le métro.

« La crise » a fermé ses locaux de la Défense.

« La crise » a mis son usine mexicaine à Casablanca, son usine de Gdansk à Skpoje, celle de Grenoble à Sfax, Madrid à Dacca, Dakar au Chili, Pékin à Bangkok.

« La crise » imprime son journal en Pologne sans payer d’impôt.

« La crise » fait des économies.

« La crise » chaque heure attend son heure. Qui vient.

Qui est venue. Qui reviendra.

Comme le rappelle François Bon, dans sa présentation du livre :  » On retrouve dans ce texte de Joachim Séné son jeu majeur de détournement, combinaison, contrainte. Mais ici ce jeu s’oublie, le verbe qui devient rage, même dans les anagrammes de la toute fin. La domination politique s’appuie sur le verbe. Le combat social, l’inégalité, la fuite devant les ombres s’appellent politique quand ils deviennent discours, adresse, détournement des mots. Et notre tâche à nous, artisans de langage, ne serait pas aussi dans ce territoire, où s’atteler à ce qui maltraite la langue, ou la ravale à bien peu, en lui demandant de dissimuler ou affadir ce qu’on maltraite des hommes et des choses ?« 

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Anne Savelli

Photo Anne Savelli

Née à Paris en 1967, ville où elle vit toujours. Après des études de Lettres modernes et d’Audiovisuel à la Sorbonne, devient successivement vendeuse en librairie, correctrice, formatrice en français, documentaliste web, journaliste spécialisée en informatique et lectrice de manuscrits, sans jamais cesser d’« écrire à côté ».
En 1998, elle entame la rédaction de ce qui deviendra en 2001 Fenêtres/Open space, journal d’un trajet de métro aérien. A l’occasion de la parution, en 2007, elle ouvre un blog du même nom, toujours en activité.
En 2008 paraît Cowboy Junkies / The Trinity Session (éditions Le mot et le reste), un ouvrage consacré à un groupe de rock et folk canadien. Ce livre est intimement lié au suivant, Franck (Stock), portrait d’un jeune homme par lieux (rues, gares, squats, bords de mer, prisons…). Il en est, en quelque sorte, la bande-son.  En juillet 2010, elle ouvre un second site, intitulé Dans la ville haute, sur lequel sera accessible, à la fin, l’intégralité de Franck en lecture audio. Le site comprend également des photographies et un journal de publication.
En 2011, paraît Des Oloé : espaces élastiques Où Lire Où Ecrire, aux éditions D-Fiction, un livre avec photographies dans lequel elle part à la recherche de lieux (jardins, bancs, salles d’attente, bibliothèques, cafés, wagons de train…) où il semble encore possible de lire et/ou d’écrire.
Elle travaille ensuite à la rédaction de trois livres consacrés à la notion de décor, dont Ile ronde (Joca Seria, 2014), où elle reprend le personnage de Dita Kepler. Dita Kepler est un personnage du jeu en ligne Second Life créé par Anne Savelli il y a plusieurs années. Il s’agit donc de son avatar : un être qui, contrairement à elle, à nous, possède certains pouvoirs, dont celui de voler, de se métamorphoser.

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Voici un extrait d’un article du Bulletin des Bibliothèques de France, paru en 2013, pour vous permettre de découvrir une partie de son travail :

Où lire ? Où écrire ?

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« Où lire ? Où écrire ? Ainsi est formulée l’interrogation d’Anne Savelli dans son livre (uniquement) numérique Des Oloé, espaces élastiques où lire où écrire paru aux éditions D-Fiction. Le lieu où on lit et la position du corps pour lire sont des questions qui se posent de nouveau avec la lecture numérique. Lire Belle du seigneur ou Guerre et paix devant un écran fixe, que ce soit avec l’antique format PDF ou dans le moderne ePub, se transforme vite en impossibilité physique, en fatigue et, en définitive, en abandon de la lecture initiale… On pourra bien vite récupérer une édition de poche. La lecture est un plaisir. Ce n’est pas un argument impératif, simplement un constat. Il faut reconnaître que le livre imprimé permet toutes les gesticulations et positions. Ce que rend possible grâce à leur ergonomie et leur mobilité, les nouveaux supports de lecture que sont les liseuses ou les tablettes.

     J’ai découvert le travail d’Anne Savelli avec cette invention si poétique des Oloé et sa conception de l’écriture qui semble tant en syntonie avec le web. Elle écrit dans son billet « être lue » sur son blog-atelier Fenêtres open space : « Il n’est pas toujours évident de basculer du côté de la publication, de se décider à faire lire, de s’exposer. Cela m’a pris du temps : longtemps j’ai pensé fragments (que j’aurais mis sur blogs, quand j’avais 18-20 ans, si Internet avait existé) et non livres. Un jour, j’ai pensé livre (c’était Fenêtres), ce qui m’a poussé à envoyer mon texte en lecture. Cependant, j’ai pensé livre comme ceci : un livre, pour moi, est un ensemble de livres constitués de fragments. La structure qui soutient chaque livre, en assemble les fragments, est en réalité la structure d’ensemble, celle qui unit les livres, tous les livres – et je ne sais, bien sûr, combien il y en a, puisque je suis vivante, espère n’avoir pas terminé… Qu’on ne s’y trompe pas : tout cela me paraît sans rapport avec le mot œuvre : je continue, en effet, à penser l’écrit sous forme de fragments. Par contre, avec le mot site, on peut réfléchir… Je vais néanmoins continuer à employer le mot livre, comme je dis écrivain. Simplement, le sens (dans mon esprit, une fois de plus) s’est, depuis l’enfance, déplacé. »

« Et si ça ne va pas, il n’y aura qu’à inventer un mot » précise-t-elle.

Anne Savelli a inventé le mot Oloé… a publié plusieurs livres – imprimés ou numériques et diverses formes pour ses livres… « 

Extrait des Oloés :

«  Nous aurions dû trouver où lire où écrire dans le quartier : à la bibliothèque. Mais ses bords et recoins, ses tables et ses chaises sont mal disposés, tout le monde entend tout le monde, il est impossible de se concentrer, au point que les gens vont lire à l’étage, discothèque qui propose également des bandes dessinées, journaux, magazines – c’est en tout cas comme ça qu’elle m’apparaît. La bibliothèque est un lieu de passage : on y rend ses livres, jette un œil sur les nouveautés, attrape ce qui vient, fait la queue, s’en va. […] Malgré les cours attenants (karaté, danse, musiques diverses), de la table au carnet, des fenêtres aux visages c’est deux heures de silence car deux heures d’écoute. Parfum de chlore par la vitre ouverte, figurines de terre laissées à sécher sur des étagères : on a enfin le temps et toute latitude pour s’intéresser. C’est pourquoi on se penche, lève la tête. Autour, ce qui patiente, cherche à s’accorder. »

Depuis la publication du livre, Joachim Séné a développé un site où il cartographie les billets de tous les auteurs du web qui évoquent un oloé.

carte des oloés

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La bibliographie d’Anne Savelli

Anamarseilles, numérique, La Marelle, 2015
Laisse venir, numérique, écrit avec Pierre Ménard, La Marelle, 2014 et 2015
– participation au hors-série Devenirs du roman, volume 2, éditions Inculte, 2014

Ile ronde : déchirure/tempête, avec la participation de Joachim Séné, éditions Joca Seria, 2014
Décor Lafayette, chez Inculte, janvier 2013
Autour de Franck, avec Thierry Beinstingel, éditions publie.net, 2011
Des Oloé, espaces élastiques où lire où écrire, numérique, éditions D-Fiction, 2011
Franck, éditions Stock, collection La Forêt, 2010
Cowboy Junkies, The Trinity Session, éditions Le Mot et le reste, collection Solo, 2008
Fenêtres Open space, éditions Le Mot et le reste, collection Ecrits, 2007

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Comptes twitter à suivre : Anne Savelli, Joachim Séné et Les racontars du numérique….

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Voir aussi le billet Restitution publique du 7 avril.

Pensez à vous inscrire à la déambulation !

Et, en plus, cela se passe pendant les vacances scolaires...

 

 

 

 

 

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